FAQ

Vous trouverez ici la réponse à la plupart des questions
qui me sont régulièrement posées… et que vous vous posez !

 

1. Quand et comment as-tu débuté l’équitation ?

Mes parents, eux-mêmes cavaliers professionnels de CSO, m’ont posée sur mon premier
poney à l’âge de 1 an. J’ai commencé les concours de saut d’obstacles vers 7 ans, et par la
suite j’ai remporté 3 fois les Championnats de France avec 3 poneys différents, et ramené
une médaille de bronze par équipe aux Championnats d’Europe.

Parallèlement, j’ai commencé à monter des chevaux à l’âge de 4 ans, et effectué mes premiers concours officiels à 12 ans, tout en continuant à monter en épreuves poneys jusqu’à l’âge de 14 ans.

J’ai remporté mon 1er Grand Prix Pro 1 à 18 ans avec Natfot, un cheval né et élevé à la maison, puis en 1992 j’ai remporté le Grand Prix Coupe du Monde de Paris-Bercy avec la jument de mon père, Punition, un autre produit de l’élevage familial.
Peu de temps après, Rochet M est arrivé dans mes écuries…la suite vous la connaissez !
(ou si vous ne la connaissez pas découvrez-la dans les autres rubriques de ce site !)

 

 

2. Quels sont tes meilleurs souvenirs à poney et à cheval ?

Mon meilleur souvenir à poney, c’est quand j’ai remporté le même jour les Championnats
de France à Fontainebleau en catégorie C avec Charity et en catégorie D avec Havane.
A cheval, j’ai plusieurs meilleurs souvenirs ! En premier lieu ma médaille d’or
en individuel aux Championnats d’Europe d’Hickstead en 1999 avec Rochet M,
puis ma médaille de bronze, toujours en individuel, aux Jeux Olympiques d’Atlanta
en 1996, la victoire de Bercy bien sûr, et enfin la victoire dans le Derby de La Baule
avec l’étalon Aferco.

 

 

3. Pourquoi ne te voit-on plus concourir en haut niveau ?

Ce n’est pas une volonté de ma part, mais les aléas de la carrière d’un cavalier
et un enchaînement de circonstances défavorables !
La carrière d’un cavalier de CSO n’est pas un long fleuve tranquille, loin de là.
C’est compensé par le fait que nous avons des carrières très longues, qui permettent
justement de connaître des périodes moins fastes, de rebondir et revenir au plus haut
niveau à la faveur d’un bon cheval qui arriverait dans nos écuries.

 

Et puis personnellement je ne suis pas à plaindre : j’ai déjà connu une carrière au top
niveau extrêmement longue et riche, et été pendant près de 20 ans titulaire de l’équipe
de France, d’abord à poney, puis en junior et jeune cavaliers, et ensuite en senior,
sans jamais discontinuer. J’ai été sélectionné de nombreuses fois en équipe première,
deux fois à poney, trois fois en junior, trois fois en jeunes cavaliers, et six fois en senior,
soit douze championnats européens, mondiaux, et olympiques, avec une récolte
de cinq médailles !

Mais cela ne veut pas dire que je suis prête à raccrocher, bien au contraire : je ne rêve
que d’une chose, connaître de nouveau l’ivresse de la victoire sur les parcours les plus
difficiles du monde, et surtout le plaisir de sauter avec un cheval extraordinaire.

 

Après les championnats d’Europe, j’ai encore vécu de belles saisons, notamment en 2001,
avec de beaux résultats en international. À ce moment-là, j’ai été sélectionnée pour
participer aux Championnats d’Europe avec un nouveau cheval, l’étalon Cook du Midour,
qui est hélas tombé boiteux 15 jours avant la compétition. Une série de malheurs a alors
commencé à s’abattre sur mes chevaux. Derby Of Clemence, un étalon fils de Jalisco dans
lequel je fondais énormément d’espoir, est mort à 10 ans d’une crise cardiaque, la boiterie
de Cook s’est révélée insoignable, le propriétaire de Cigale avec laquelle j’avais connu
d’excellents résultats au plus haut niveau, me l’a retirée pour la confier à quelqu’un
d’autre, j’ai mis Rochet M en retraite à l’âge de 18 ans… Tous ces éléments ont fait que je
me suis retrouvée avec des chevaux beaucoup plus jeunes et moins performants.

 

Depuis quelques années, chaque fois qu’un jeune cheval semble montrer des aptitudes
dans mon écurie, il finit toujours par se passer quelque chose qui l’empêche d’atteindre
le haut niveau : soit il n’a finalement pas le mental requis pour être un champion,
soit il manque de moyens, soit il connaît des problèmes de santé récurrents et irréversibles
car il n’a pas une constitution suffisamment solide au départ.

 

Je n’ai pas voulu mettre de côté la compétition, mais comme tous les cavaliers de haut
niveau, je suis tributaire de la qualité des chevaux que je peux avoir à ma disposition.
Retrouver un bon cheval, cela suppose, soit que l’un des produits de notre élevage se révèle excellent, et ça n’a pas été le cas depuis Punition, la championne des années 90
(l’élevage n’est pas une science exacte), ou bien qu’un propriétaire me confie un crack,
et ça ne s’est pas produit non plus, ou encore que j’en achète un, mais pour cela il faut
un budget colossal, que je n’ai pas !

 

Un cheval qui a déjà fait ses preuves en international peut se négocier entre 3 et 8 millions
d’euros ! Bien sûr un jeune cheval coûte beaucoup moins cher, mais c’est alors très
aléatoire, personne ne peut prédire comment il va évoluer.
Certains chevaux très prometteurs entre 4 et 6 ans ne passent pas le cap par la suite.
On comprend mieux dès lors pourquoi un cheval performant coûte si cher.
Et nous sommes hélas de nombreux cavaliers dans le monde à en avoir besoin !
Depuis plusieurs années, je concours donc au niveau national avec des chevaux qui pour
l’instant n’ont pas l’ensemble des qualités requises pour être performants en Grand Prix.

 

 

4. Quel est actuellement le cheval dans lequel tu fondes le plus d’espoir ?

Je n’ai malheureusement en ce moment toujours aucun cheval susceptible de concourir
en Grand Prix  à court terme. Je me contente donc de concourir dans des concours
nationaux et des épreuves 130-140, mais j’espère bien que tout cela va changer bientôt
et que je vais pouvoir retourner au plus haut-niveau !

Cependant, j’ai depuis un an une nouvelle jument de 7 ans qui montre de belles aptitudes, tant physiques que mentales. Elle s’appelle Quiet Love et nous nous sommes classées régulièrement tout au long de l’année 2011 dans les épreuves pour chevaux de 7 ans et les épreuves 135 et 140.

En novembre 2011, un nouveau cheval est également arrivé dans mon écurie : Requiem de Talma, qui prend 7 ans en 2012 et permettra je l’espère d’épauler efficacement Quiet Love d’ici deux ans.

 

 

5. Quelles circonstances t’ont amenée à donner ton nom à des jeux vidéo ?

J’ai été contactée par la société Ubisoft en 2000 pour prêter mon nom et mon image
à un jeu vidéo, et j’ai tout de suite été séduite par l’idée, car à cette époque aucun jeu vidéo
sur le thème de l’équitation n’existait, et j’étais certaine que cela ferait plaisir à beaucoup
de jeunes. Au fur et à mesure des années, je me suis de plus en plus impliquée dans
la conception de ces jeux, notamment en donnant des conseils techniques pour que les
jeux soient les plus réalistes possible. Par la suite, toujours en partenariat avec Ubisoft,
j’ai également donné mon nom à une BD et à une série de romans pour la jeunesse,
toujours sur le thème du cheval. En 2008, j’ai également co-écrit le « Dico d’une jeune
cavalière », et j’ai lancé ma propre ligne de vêtements d’équitation.

 

 

6. Dans quelle mesure participes-tu à l’élaboration de tes jeux vidéo ?

Ce n’est pas moi qui décide du thème de chaque jeu mais l’équipe de développement
d’Ubisoft, qui tient compte notamment des remarques des joueuses des éditions
précédentes. Ensuite, ils sollicitent mon avis technique sur le contenu des jeux.
Toutefois, les contraintes de développement ne permettent pas à chaque fois de respecter
le réalisme que je souhaiterais, et il me faut faire des concessions. Ma participation
consiste aussi dans certains jeux à rédiger les fiches techniques et pédagogiques que l’on
trouve dans le déroulement du jeu, notamment les mini-encyclopédies.

 

 

7. Quels conseils donnerais-tu à des jeunes qui souhaiteraient faire métier
dans le cheval ?

Je leur conseillerais de ne pas vouloir brûler les étapes, d’être persévérant, hyper motivés,
attentifs dans les leçons et très sérieux dans les soins aux chevaux, mais aussi d’écouter
les conseils et d’observer des cavaliers expérimentés, et de passer beaucoup de temps dans
les écuries à s’occuper des chevaux.

 

 

8. Quels diplômes as-tu obtenus ?

Après mon Bac A (aujourd’hui L) empoché en 1986, j’ai obtenu le Monitorat d’Equitation
(BEES 1) en 1987, et l’Instructorat (BEES 2) en 1995.

 

 

9. Quel autre métier aurais-tu aimé faire ?

Récemment, j’ai vu un reportage à la télévision, et découvert le métier de « goûteuse
de chocolat » dans une chocolaterie. Voilà un métier qui m’aurait bien plu je crois… !
Sinon, quand j’étais plus jeune, j’étais fascinée par les avions et aurait bien aimé
devenir pilote.

 

 

10. Aurais-tu aimé pratiquer une autre discipline ?

Le concours complet aurait bien convenu à mon goût de la vitesse et du risque,
mais en revanche mon côté rebelle aurait eu beaucoup de mal à accepter le côté
aléatoire des notations de l’épreuve de dressage…

 

 

11. Quels sont tes terrains de concours préférés ?

J’ai un gros faible pour les terrains en herbe… Par ailleurs, je suis très sensible
au charme de l’environnement autour du terrain. Même si le plus important est que
la piste soit bonne, je trouve qu’il faut aussi qu’un terrain ait un environnement
agréable, et que l’esthétique s’allie à la technique.
En France, j’aime le terrain de Fontainebleau, celui de Compiègne, ou encore celui
de Dinard, qui est hélas moins utilisé qu’autrefois pour de grandes compétitions.
J’ai aussi un faible pour La Baule, qui est le terrain français sur lequel j’ai connu le plus
de réussite : victoire dans le Grand Prix, dans le Derby, et dans la Coupe des Nations.
Et dans un registre plus petit, j’ai toujours adoré le terrain de Royan, niché au milieu
de ses grands pins, il a un charme fou. En indoor, mes chouchous sont le concours
de Bordeaux et celui de Vannes, et à l’étranger la magnifique et immense piste de Genève.

 

 

12. Aimes tu enseigner et enseignes-tu ?

Il m’est arrivé d’enseigner, principalement à des cavalier(e)s qui pratiquaient déjà
la compétition et souhaitaient se perfectionner à l’obstacle. C’est quelque chose que j’aime
beaucoup faire lorsque l’élève est extrêmement motivé, car il (elle) est alors à la fois très à l’écoute et en mesure d’évoluer favorablement.
Je préfère également, plutôt que donner un cours par ci par là, pouvoir travailler sur
le long terme, car c’est le seul véritable moyen de parvenir à des résultats gratifiants
tant pour l’élève que pour moi.

 

 

13. Est-ce que le fait d’être une femme dans un sport mixte à dominante masculine
t’a rendu la tâche plus difficile ou au contraire t’a plutôt aidée ?

Je pense que si c’était facile d’être une femme pour faire ce métier, on serait beaucoup
plus nombreuses en haut niveau ! Cela dit, il faut reconnaître que depuis une dizaine d’années, on voit beaucoup plus de femmes au niveau international en CSO. On était beaucoup moins nombreuses que ça lorsque j’ai obtenue mes médailles en 96 et 99 !

Il est clair que c’est un métier extrêmement éprouvant physiquement, il faut être particulièrement endurante pour supporter d’être continuellement sur la brèche, 7j/7, 51 semaines par an, en montant des chevaux parfois assez physiques. Psychologiquement, c’est également un métier très éprouvant, et qui nécessite d’avoir un entourage particulièrement prévenant, pour nous soulager d’un certain nombre de contraintes, et nous encourager dans les moments difficiles.
Dans mon cas, j’ai eu la chance, étant fille de professionnels, de bénéficier
d’un encadrement de qualité qui m’a beaucoup soutenue tout au long de ma carrière.
L’environnement du CSO est essentiellement masculin, mes relations avec les autres
cavaliers, qu’ils soient français ou étrangers, ont toujours été excellentes, empreintes
d’un respect mutuel et même parfois d’une franche camaraderie.
Si j’ai eu à souffrir parfois d’une certaine misogynie, ça n’a jamais été avec les cavaliers,
mais davantage avec les autres hommes que l’on est amené à rencontrer dans ce milieu !
Et je reconnais que j’ai parfois eu l’impression qu’il fallait que j’en fasse deux fois plus
que les hommes pour prouver ma valeur. Mais bon, dans l’ensemble, je pense que seuls
comptent les résultats, ce sont eux qui font taire les sceptiques, et de ce côté-là je pense
que je m’en suis plutôt pas mal sortie !

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